Lucas, sa reconversion de consultant à développeur web

Lucas, sa reconversion de consultant à développeur web freelance

Je vous propose aujourd’hui de partir à la rencontre de Lucas Zukervar qui s’est reconverti de consultant en performance industrielle à développeur web freelance.

Lucas va nous parler d’entrepreneuriat, de freelancing, de reconversion professionnelle et surtout de passion !

Lucas, peux-tu nous parler de ton parcours ?

Alors, pour commencer, j’ai fait une école d’ingénieur.
Et à la fin, on avait un stage de fin d’études à faire.
Je l’ai fait en partenariat avec un professeur avec qui j’avais codéveloppé une méthodologie d’organisation industrielle.
Mon stage de fin d’études c’était d’implanter cette méthodologie pour la première fois dans une société qui s’appelle Acome.

Ça a super bien marché et donc suite à ce stage, le professeur en question m’avait proposé  qu’on s’associe pour créer une boîte de consulting. 

Une fois diplômé, j’ai donc fait du consulting avec cette personne pendant deux années.

Ensuite, j’ai fait la même chose, mais à mon compte, en région lyonnaise de 2016 jusqu’à 2020 . 

La crise Covid est ensuite arrivée et les boîtes n’avaient malheureusement plus de budget pour du consulting en stratégie opérationnelle.

Il a donc fallu que je me réinvente. 

En cherchant ce qui pouvait me passionner, je me suis reconverti dans le développement web. 

Qu’est-ce qui t’a motivé à te lancer dans l’entrepreneuriat dès le début ?

Je crois que c’est une histoire qui remonte assez loin parce qu’à la base je ne voulais pas partir en école d’ingénieur. 

Au Lycée, j’avais décidé de partir aux États-Unis avec un copain pour aller vendre des fringues.
C’était en partie pour se rapprocher d’un français qui avait fait un peu fortune aux Etats-Unis en vendant des casquettes.
On avait une relation avec lui grâce à mon pote.
Donc je voulais partir là-bas pour aller m’amuser un peu et entreprendre. 

Malheureusement, mes parents m’ont dit : « Non, là tu vas devoir attendre un an que ton ami ait le le bac. Donc tu pars en école d’ingénieur. Et si tu as toujours envie de partir au bout d’un an pas de problème. » 

Finalement, j’ai adoré mon école d’ingénieur (l’UTT) et j’y suis resté. 

Mais je me suis toujours dit qu’il fallait que je fasse de l’entrepreneuriat. 

Je suis très très attaché à ma liberté et donc pour être libre il faut, selon moi, être entrepreneur. 

Et pourquoi une école d’ingénieur ?

Je ne sais pas si je suis un très bon commercial.

J’ai postulé à des prépas et des écoles d’ingénieur, car on me disait de postuler là dedans. 

En fait, je pense qu’à l’époque je ne réfléchissais même pas, je faisais juste ce qu’on me conseillait de faire. 

Et quel était ton quotidien quand tu étais entrepreneur ?

Alors au début je ne savais pas quoi faire parce qu’il y a tellement de choses à faire. 

Faut vraiment apprendre à cadrer ses journées pour se motiver à travailler et mettre des limites. 

Ça m’a pris 6 mois pour réussir à cadrer mes journées et définir quelles étaient les journées de travail que je souhaitais avoir. 

Au début c’est dur de séparer vie pro / vie perso, on travaille un peu tout le temps avec plus ou moins de productivité.  

Quand j’ai créé ma structure avec mon frère, on a donc passé beaucoup de temps au début sur le rétro-planning, le business plan, le financement. 

On a fait énormément de veilles et beaucoup de rencontres pour aller parler de notre projet. 

Pendant presque un an, on a eu 0 business, mais ces rencontres nous ont apporté énormément de visibilité et de crédibilité sur Lyon. 

Comme on était sur un concept novateur, il fallait créer le besoin et expliquer encore et encore l’intérêt de notre solution.

Les débuts ont donc été beaucoup d’aller/retour avec nos prospects, mais ça nous a aussi permis de peaufiner notre offre. 

À un moment donné, on s’est dit là c’est bon, on a notre offre finale, on y touche plus. Ça nous a permis d’avoir un cap et l’on a pu avancer avec ce cap.

On entre ainsi dans la deuxième année, et on décide de se faire accompagner d’un coach pour avoir un regard extérieur. 

On est tellement dans notre projet qu’on s’est dit qu’on avait sûrement des oeillères sur certains points.

Le coach nous a permis d’avancer beaucoup plus vite. On le voyait 2 fois par mois, ce qui permettait une vraie dynamique.

Ça nous a permis de passer à l’action sur certains points qu’on repoussait par peur (comme la prospection téléphonique). 

Les cycles de vente étant longs (au moins une année), au bout de 2 ans, on a réussi à sous-traiter les tâches qu’on n’aimait pas, on avait beaucoup de RV qualifiés et on avait enfin signé notre premier contrat. 

On était tout content, on allait enfin pouvoir se payer.

Et là, le week-end qui a suivi, on s’est retrouvé confiné par la crise du Covid et ça a été la fin. 

Ça faisait 2 ans qu’on travaillait comme des dingues. Et même si on y croyait et que les proches nous soutenaient, c’est toujours compliqué dans les discussions de dire qu’on est en train d’essayer de lancer une boîte, mais que ça ne prend pas encore.

Chaque personne en plus va te dire « tu devrais faire ci, tu devrais faire ça « . 

Quand la pandémie est arrivée, on avait prévu 12 à 18 mois d’arrêt total de l’activité.

Et on s’est regardé et on s’est dit qu’on n’était pas prêt à attendre encore 12 à 18 mois que ça prenne et surtout on n’était même pas sûr que ça reprenne comme avant. 

Comme il nous restait de la trésorerie on avait le choix entre continuer jusqu’à ce qu’on n’ait plus de tréso ou couper le bras maintenant et fermer la porte.

On a donc pris la décision de fermer la porte et on ne regrette ni l’un ni l’autre.

C’est à ce moment là, que je me suis reconverti en développeur web.

Alors, pourquoi développeur web ?

 J’ai pris deux mois de réflexion pendant le confinement. 

Je me suis laissé du temps pour ne penser à rien et pour m’aérer un peu l’esprit afin de ne pas choisir dans la précipitation. 

J’avais déjà l’idée du développement web en tête, mais je voulais regarder toutes les options. 

Je me suis ainsi fait un Ikigai pour trouver ce qui me correspondrait le mieux.

Et sans surprise, le résultat a été le développement web. 

J’ai toujours adoré le code et j’ai de grandes facilités dedans. 

En plus, la profession est ultra-demandée en France et à l’international. 

En bonus, niveau liberté c’est un truc de dingue : tu peux travailler n’importe où à partir du moment où tu as ton PC. 

Je me suis donc tout naturellement reconverti dans le développement web.

Comment a réagi ton entourage à ce changement ?

Les très proches voyaient ce qu’il se passait avec la boîte de conseil donc ils comprenaient totalement cette nouvelle page. 

J’ai eu pas mal de retours pour me dire qu’il fallait repasser par la case étude, car « il faut le diplôme qui va bien pour exercer tout métier ».

J’ai regardé combien il me fallait pour vivre, le coût des différentes écoles en développement web, et les différents scénarios possibles.

  • Scénario 1 : faire une école pour intégrer une entreprise et ensuite quand j’aurai de l’expérience me mettre à mon compte
  • Scénario 2 : me lancer directement en freelance sans formation
  • Scénario 3 : y aller au culot et trouver une entreprise qui me prenne sans formation pour me former.

Le scénario 1, niveau financier, n’était pas possible, car j’ai un loyer à payer et pendant la formation, il n’y a pas moyen de gagner de l’argent.

J’avais un mi-temps pour des raisons personnelles, qui me permettait de vivre avec le minimum du minimum. J’ai donc commencé à chercher à une entreprise pour me former (scénario 3) et en parallèle je me formais à fond sur le code par moi-même via OpenClassroom. 

Impossible de trouver une boîte qui me prenne, par contre, des clients venaient à moi en tant que freelance sans que je prospecte. 

Donc je me suis dit : « Allez lance toi en freelance avec les contrats qui tombent. »

La transition s’est donc faite très facilement, car le métier de développeur web est beaucoup moins technique, et il y a beaucoup moins de responsabilités également. 

Avant, j’étais sur la stratégie d’entreprise donc je pouvais faire couler une entreprise. 

Là, il y a beaucoup moins d’enjeux et le business plan est beaucoup plus simple à gérer également. 

Et par-dessus tout, j’ai choisi cette voie, car elle me passionne et ça fait toute la différence. 

Une fois que tu choisis quelque chose qui te passionne, il ne t’arrivera plus rien, tu ne pourras que réussir.
Tu ne compteras pas tes heures, que tu sois payé ou non, tu prends du plaisir et donc tout vient naturellement.  

J’ai commencé à apprendre le code il y a une bonne année, et je peux maintenant en vivre sans problème.

Et la qualité de vie au travail est incroyable.

Cette reconversion professionnelle a été une vraie réussite !

Et comment vois-tu l’avenir ?

J’ai un océan immense devant moi de technicité à apprendre.

C’est un milieu qui bouge énormément.

J’ai envie d’atteindre un niveau d’excellence en back end (l’architecture du site, côté serveur) et front end (la partie visible du site, niveau utilisateur).

Comme je disais, j’ai des clients qui tombent régulièrement, donc ça me fait vivre.  

Je veux donc continuer de vivre de cette passion.  

Et au niveau perso, ça me permet d’avoir du temps pour mes projets perso. 

Là, avec ma femme, on s’est acheté une maison à retaper. On a également un projet d’aller vivre un jour au Brésil (ma femme est Brésilienne). 

Ce job me permettrait donc sans problème de déménager de pays tout en gardant mes clients français. 

Et tu t’en doutes, être payé en euros et vivre au Brésil nous permettrait d’avoir un super niveau de vie.

On est également attiré par le Canada et là-bas, il recherche énormément de développeurs français. Donc voici mes réflexions longs termes.

Pour finir, si tu devais donner un conseil pour ceux qui veulent se lancer dans l’entrepreneuriat ?

Choisis quelque chose qui te passionne, c’est la clé. 

Il n’y a pas de bonnes ou mauvaises idées.

Ma première aventure entrepreneuriale j’y suis allée parce que c’était une bonne idée et pas parce que c’était une passion. J’aimais ce que je faisais, mais ce n’était pas une passion. 

Je pense que c’est une partie de l’échec. 

Quand tu fais quelque chose qui te passionne, ton énergie elle est infinie et ça ne peut que t’apporter. Tout est beaucoup plus fluide. 

Il ne faut donc pas entreprendre pour faire de l’argent, mais pour faire quelque chose qui te passionne.

Si certains n’ont pas encore trouvé leur passion, quel conseil leur donnerais-tu ?

Ah ce n’est pas simple comme question. 

Tout d’abord, il faut se laisser le temps. Parfois ne pas chercher, ça te fait trouver. 

L’ikigai est un très bel outil que je conseillerai. 

Tu peux aussi demander à tes proches ce qu’ils en pensent.
Ça ne veut pas dire qu’il faut le prendre au pied de la lettre, mais ça donne un bon aperçu. 

Par exemple, moi on m’a toujours dit que j’étais nul en langue, et j’étais donc nul en langue.
Jusqu’à ce que j’aille au Brésil où j’ai appris le Portugais en quelques mois et ça m’a débloqué sur les autres langues. 

Donc il faut tout de même prendre du recul sur ce que vos proches pensent.

Sinon, pour trouver ses passions, tu peux aussi regarder ce que tu fais dans ton temps libre, te poser les questions : « si je n’avais pas besoin d’argent qu’est-ce que je ferais ? », « Si j’avais un temps infini qu’est-ce que je ferais? ». 

En répondant à ces questions, tu te rapproches de quel est ton pourquoi, qu’est-ce qui t’anime.

Je remercie grandement Lucas pour son temps pour cet interview et si vous cherchez un développeur Web vous pouvez retrouver Lucas sur : https://www.lucaszuk.fr/ 

Que faut-il retenir de l’expérience de Lucas ?

1. Trouvez un job en fonction de vos passions plutôt qu’en fonction de l’argent

Vous serez alors beaucoup plus motivé à déplacer des montagnes et avez toutes les chances de mener à bien votre projet. Si vous ne connaissais pas l’exercice de l’Ikigaï, je vous invite à lire mon article : Comment trouver son Ikigai ?

2. Prenez le temps de prendre du recul pour trouver votre métier passion

Trouver ce qui nous fait vibrer peut prendre du temps. Il faut prendre le temps de faire un travail d’introspection et de prise de recul pour mieux avancer.

3. Le freelance peut être plus facile d’accès lors d’une reconversion professionnelle que le salariat

Le salariat n’est pas l’unique voie, le freelance peut être aussi une bonne alternative pour se faire une première expérience lors d’une reconversion professionnelle.

4. Une des difficultés de l’entrepreneuriat est l’équilibre vie pro / vie perso

Quand on est entrepreneur, il faut être capable de se poser ses propres limites pour réussir à se garder du temps pour sa vie personnelle.

Vous souhaitez vous faire accompagner pour trouver ce job qui vous épanouira tant ?

Cheminons ensemble pour atteindre les sommets de votre vie professionnelle

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