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Se reconvertir en pharmacienne, l’histoire de Delphine

Ce mois-ci, j’ai eu le plaisir d’interviewer Delphine de Bodman Massonaud sur son parcours très riche ! Docteur en pharmacie, elle s’est vite orientée vers la Communication. Sa vie professionnelle est semée de changement, et le plus gros en date (et le dernier) est sa reconversion en pharmacienne en officine.

Dans cette interview vous découvrirez comment elle a suivi ses envies tout au long de sa carrière, les difficultés qu’elle a rencontrées et ses conseils pour trouver votre voie.

Si vous le souhaitez, vous pouvez également retrouver l’intégralité de notre conversation sur ma chaîne Youtube.

Bonjour Delphine, pour commencer, pourriez-vous nous raconter brièvement les différentes étapes de votre parcours professionnel ?

Bien sûr.

Je suis docteur en pharmacie, de l’option industrie, et j’ai également obtenu un Master en Communication Marketing au CELSA.

Ce choix d’étude était déjà mon premier grand écart : j’étais la seule qui venait d’études scientifiques, dans mon Master.

J’ai ensuite travaillé pendant 15 ans en agence de publicité et dans l’industrie pharmaceutique, principalement dans les domaines du marketing et de la communication.

Mon parcours était à ce moment-là assez cohérent, je mettais en application ce que j’avais appris au CELSA au profit des médicaments dont la communication m’était confiée.

Par la suite, j’ai changé de secteur à deux reprises, tout en restant dans la communication scientifique.

J’ai d’abord occupé un poste de responsable communication dans un CFA de la chimie.

Là c’était une création de poste pour refaire toute la communication et ça n’a pas été très bien accepté.

J’ai été parachutée sans que ma présence ait été annoncée et la greffe n’a pas prise avec l’équipe.

Puis j’ai travaillé pendant deux ans à l’Assistance Publique – Hôpitaux de Paris (AP-HP).

Là, j’ai vraiment été mal reçu : on me disait : « mais qu’est-ce que vous faites là avec un background de pharmacien ».

Mais moi, j’avais envie de voir l’hôpital de l’intérieur.

Alors ça m’allait très bien !

Comment avez-vous vécu tous ces changements de secteur ?

Les gens avaient du mal à comprendre mon choix de carrière et à accepter mon profil atypique.

Mais mon parcours était assez cohérent. Je suis restée dans la Communication avec un bagage scientifique.

J’ai vraiment fait un virage à 180° en 2009 quand j’ai quitté le domaine de la communication et de l’industrie en rejoignant le monde de la pharmacie officinale.

Et là, ça a été dur.

Pourquoi cette reconversion vers la pharmacie officinale ?

À ce stade de mon parcours, la suite logique était d’aller sur des postes très importants de Responsable Communication. On m’a proposé par exemple le poste de Responsable Communication chez Sanofi France.

Mais ce type de responsabilité entraîne des contraintes professionnelles qui empiètent souvent sur la vie personnelle. Et cela ne me convenait pas.

C’était donc une décision motivée par mon désir d’équilibrer ma vie professionnelle et personnelle.

J’avais trois enfants et je souhaitais consacrer du temps à ma famille.

L’officine offrait une souplesse et un confort de vie qui me convenaient parfaitement.

J’ai donc fait le choix de l’officine pour ce confort de vie. D’ailleurs, tout mon entourage m’encourageait dans cette direction plutôt que continuer dans les postes à haute responsabilité dans la communication, qui est, avouons-le, un monde de requin…

Comment s’est alors passée votre transition professionnelle vers la pharmacie officinale ?

Ce fut un vrai challenge, car je n’avais pas d’expérience dans ce domaine et mon profil était souvent mal perçu.

On m’a souvent dit : « Ça se voit, vous venez du monde de l’industrie. Vous n’avez pas notre esprit… »

Je n’étais donc pas comme les autres.

Mais j’étais persuadée que mon expérience était un vrai atout, que je pouvais vraiment apporter quelque chose.

Et ce que je ne savais pas, j’étais prête à l’apprendre.

Et avez-vous dû reprendre des études ?

Alors, je ne voulais pas être titulaire d’une pharmacie, juste adjointe. Donc je n’avais pas de formation à refaire.

J’ai dû tout de même effectuer un stage de trois mois pour me familiariser avec ce nouveau métier.

Même pour un stage, ça a été compliqué de trouver une officine sans aucune expérience.

Heureusement, j’ai fini par trouver une officine qui m’a donné ma chance et m’a permis de m’épanouir dans ce nouveau domaine.

Au début j’étais payée une misère, j’ai enchaîné les petits contrats et remplacements, je me suis même fait virer…

Mais petit à petit, j’ai pu faire mon expérience et ma place.

Vous diriez que votre transition professionnelle a duré combien de temps ?

Après 14 ans d’expérience, je dirais que je ne suis toujours pas vraiment dans une zone de confort.

Cela va mieux, mais je suis quelqu’un de naturellement inquiet et je réalise l’importance des responsabilités de mon métier, car nous délivrons des produits de santé aux patients.

C’était quelque chose que je n’avais jamais expérimenté auparavant et mon anxiété personnelle fait que je ne suis pas complètement à l’aise avec cette idée.

Au début, je ne connaissais pas les gammes de produits, les logiciels de travail au comptoir, ni les fonctionnements liés à la sécurité sociale. J’ai donc dû beaucoup travailler et apprendre.

Heureusement, j’ai rencontré des employeurs bienveillants en cours de route.

Concernant votre entourage, notamment vos enfants, comment ont-ils réagi lorsque vous leur avez annoncé que vous alliez vous reconvertir en pharmacienne en officine ?

Ils m’ont soutenue et encouragée, c’était très positif.

À chaque fois que j’ai bifurqué dans ma carrière, je les ai sentis derrière moi.

Les freins étaient plutôt sur le terrain, au sein de l’entreprise et chez les employeurs.

Maintenant, cela va mieux, car, en général, les employeurs sont désormais plus ouverts à l’idée d’embaucher des personnes venant d’autres domaines. Avant, c’était vraiment difficile.

J’étais un zombie sur le marché !

Comment avez-vous réussi à lever les barrières que les autres mettaient en place ?

J’ai expliqué que je pouvais apporter beaucoup de choses grâce à ce que j’avais vu et appris et que cela pouvait bénéficier à l’entreprise.

Il ne fallait pas s’arrêter au fait que j’ai un diplôme de pharmacie, car ce qui compte dans mon parcours, c’est le côté scientifique.

Peu importe que ce soit en pharmacie, en médecine ou en vétérinaire, je comprends la langue scientifique et c’est mon fil conducteur.

C’est ce qui m’a permis de me sentir légitime et armée pour expliquer ma valeur ajoutée.

Je n’aurais pas survécu dans ce milieu sans être au clair sur ma valeur ajoutée.

Je n’aurais jamais pu vendre un plan de communication ou une stratégie d’image sans cette force et cette certitude.

Beaucoup pensent qu’il faut un « piston » pour trouver son job suite à une reconversion, comment avez-vous trouvé vos jobs justement ?

Je n’avais pas de piston.

J’ai tapé aux portes.

Pôle Emploi et le processus Dynamicadres de la Région Ile de France m’avaient également accompagné pour avoir la bonne convention de stage et m’aider dans cette reconversion.

De manière générale, je ne parlerai pas du tout de piston, mais de créer son réseau.

Parler à droite et à gauche de ce qu’on recherche pour faire fructifier son réseau et avoir les bons contacts.

Et finalement, quels conseils donneriez-vous justement à ceux qui souhaitent se reconvertir professionnellement ?

Être clair sur son Pourquoi et ses aspirations.

Pour ma part j’ai toujours eu un côté scientifique et un côté artistique. Je voulais donc un métier qui mêle les deux. Et quand on est convaincu de ce qu’on veut, on finit par trouver la bonne école, et la bonne voie.

N’hésitez pas également à questionner votre entourage.

Notre entourage arrive à vite sentir ce qui nous anime.

De la même manière, les doutes de notre entourage sont à questionner. Très souvent, il y a du bon dans leurs questionnements. Cela peut nous aider à avancer.

Par exemple, pour ma part, suite à un bilan de compétences, la piste de fleuriste était ressortie. Mais en en discutant on m’a fait la réflexion que c’était un métier peu intellectuel, et que j’allais du coup sûrement m’ennuyer.
J’ai donc écouté ce point et j’ai gardé la création de bouquets pour mes loisirs !

Ne pas se dire qu’on a fait des études et du coup « il faut » rester toute sa vie dedans et garder ses hobbies pour des hobbies.

Il y a toujours moyen de mixer toutes les composantes qu’on aime. Pour ma part, ça a été de la communication dans le secteur scientifique, je connais un jeune qui a trouvé son équilibre en étant ingénieur chez Cartier.

Une citation que j’adore pour finir :

« Impose ta chance, serre ton bonheur et va vers ton risque. A te regarder, ils s’habitueront. »

René Char

Un grand merci Delphine pour nous avoir partagé votre parcours. Devenir acteur de sa vie professionnelle prend tout son sens. Malgré les obstacles et les difficultés, vous avez su tirer parti de ses expériences diverses pour construire une carrière riche et épanouissante.

Vous souhaitez suivre ou contacter Delphine ? Rendez-vous sur son profil LinkedIn.

Que pouvons-nous retenir de la reconversion professionnelle de Delphine ?

N’ayez pas peur d’avoir un profil atypique

Les carrières linéaires ne sont plus la norme. Si Delphine a su vendre son profil atypique à une époque où ce n’était vraiment pas la norme, vous pouvez le faire aujourd’hui !
Un profil atypique, c’est surtout de nombreuses forces, alors mettez-les en avant !

Trouvez votre Pourquoi

Qu’est-ce qui vous anime et attire votre curiosité ? Trouvez votre Pourquoi et créez-vous votre vie professionnelle autour de ce pourquoi.

Il n’y a pas d’âge pour se reconvertir

L’âge n’est un frein que si vous décidez qu’il en est un. Ce qui fera votre différence, ce n’est pas votre âge, c’est votre expérience et la manière dont vous allez la vendre. Travaillez votre fil rouge, et une fois de plus, mettez en avant vos forces. Et comme le dit Delphine, vous n’avez pas besoin de piston, seulement de faire travailler votre réseau.

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Alexandra Ridoux
Coach certifiée spécialisée en reconversion et fondatrice de Rand’ose

Rand’Ose – 229, rue Saint Honoré 75001 Paris – SIREN 903 597 854

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